Sortir du silence... Je m'excuse à tous les lecteurs assidûs. A un moment, c'est devenu difficile de raconter le Chili d'un point de vue extérieur tout en essayant de s'y adapter. Je repars, mais ne peux pas vous assurer d'un rythme régulier.
On traverse ici une période euphorique. La raison: depuis un mois, c'est une véritable orgie de football ! Dimanche c'est la fin de la Copa America, un Argentine Brésil qui s'annonce bien chaud. Les Brésiliens ont super mal joué jusqu'en quart, où ils ont passé un bienveillant 6-1 au Chili. Douloureux. En demi, ils ont battu l'Uruguay aux penaltis, malgré l'héroïque prestation de Cristian Rodriguez (du PSG). Très bon le petit Cristian, considéré comme le meilleur joueur de son équipe sur le tournoi. Hyper combatif, comme d'hab. Et j'ai découvert son surnom, qu'il vaut mieux oublier pour Paris: "l'oignon" (cebolla). Par contre, j'ai pas pu savoir prquoi. Il fait pleurer les défenses ?
En face l'Argentine, une merveille, même si Juan Pablo, mon idole comme vs le savez ts, n'est plus là. Un milieu de terrain incroyable, une attaque... incroyable, une défense.. OK, j'arrête là; je suis pas un expert en foot, ms bon sang, niveau technique et tactique, c'est une merveille. Veron, Cambiasso et Riquelme permutent en permanence, Messi déboule comme un enragé (il est plus costaud qu'il n'y parait le petit), et puis une défense tout en finesse Gaby Heinze et Ayala, ça se passe de commentaires. J'espère qu'ils ne répéteront pas les même erreurs que contre l'Allemagne à la Coupe du Monde. Ils sont tellement forts que ça leur met une pression énorme !
Bon, ms le Chili ds tt ça. Un bon début, avec un match énorme contre l'Equateur, retour de 2-1 pr une victoire 3-2. Et puis... plus rien, à part des scandales ! Face à un Brésil très limité, ils démarrent avec 9 défenseurs, tiennent une mi-temps avant un pénalty contestable : c'est le début du triplé de Robinho. Puis un 0-0 plus ou moins négocié avec le Mexique, ce qui leur permet d'accrocher la qualif en tant que meilleur troisième, pour se retrouver de nouveau face au Brésil.
On pourrait se dire, meilleur troisième, c'est pas forcément un titre de gloire. Pour une moitié de l'équipe si, qui décide de fêter ça dignement. Résultat : ils débarquent au petit déj le lendemain encore bourrés, commencent à détruire des chaises avec des couteaux, insultent les serveuses, et commencent une déjà mythique "bataille de jambon et confiture". Ce qui vaut à la moitié des titulaires de ne pas participer au match contre le Brésil, et met une super ambiance. On connait la fin : 6-1, no comment. Mon beau maillot retourne au placard. Désespoir au Chili. Comme le dit mon pote Marcelo : "ça n'arrive qu'à nous". Autre variante : "mais qu'est-ce qu'on a fait pour mériter ça ?"; Une illustration moins dramatique : lors du premier match contre le Brésil, un remplaçant, Jorge Vargas, réclame depuis le banc en première mi-temps, jusqu'à ce que l'arbitre lui mette un carton jaune. En deuxième mi-temps, il rentre, pour marquer Robinho : super pratique d'avoir déjà un jaune. Et Marcelo de se lamenter.
En tous cas, la bataille du jambon a coûté sa place à l'entraineur et 20 matchs de suspension aux coupables.
Heureusement, tout ne va pas mal dans le foot chilien. En parrallèle a démarré le mondial des moins de 20 ans, auquel le Chili participe aussi, avec beaucoup plus de réussite. Après avoir gagné leur groupe, ils ont éliminé le Portugal. Nouvelle scène d'anthologie, j'imagine bientôt sur youtube. Fin de match tendue, le Chili mène 1-0, les jeunes Portugais s'énervent. Grosse faute, carton rouge, un groupe de joueurs qui se précipite sur l'arbitre, qui s'apprête à mette un deuxième rouge quand... un joueur malin lui chippe des mains et la cache dans son dos ! Manquerait plus qu'il se mette à courir pour la cacher dans le vestiaire. Bon, ses partenaires le controlent rapidement, histoire qu'il puisse être expulsé (au milieu de terribles sanglots, très télégéniques) et que le match se termine. Avant cela, le meilleur joueur chilien, le défenseur polyvalent Arturo Vidal, récemment transféré au Bayer Leverkusen, fait le malin et prend un second carton jaune pour avoir voulu gagner du temps. La tuile.
Et voilà, tout cela se résoud demain, dans un dimanche qui devrait être mémorable. La Sub 20 en quart de finale contre le Nigéria, puis la grande finale. Je vous tiens au courant.
samedi 14 juillet 2007
samedi 19 mai 2007
La galère
Lundi matin, départ de Viña à l’aube. Le but est d’être de retour à Santiago pour que Yoly puisse assister à une réunion avant 9h. On prend donc le bus de 6 heures, arrivant ainsi à Santiago, station de métro Pajaritos à 8h. Juste le temps de glisser les pulls que nous avions utilisés en guise de couverture dans la valisette, et nous nous dirigeons vers l’entrée de la station. Il règne une certaine agitation, qui n’affecte pas notre démarche encore un peu empesée par le sommeil.
On voit les agents, reconnaissables à leurs anoraks jaunes, se diriger rapidement vers les entrées, et, au moment même où nous allions la franchir, ils referment la grille juste devant nous. « 10 minutes de fermeture » est l’unique information qui nous est donnée. On reste calmes, la télé a souvent montré ces interruptions temporaires pour désengorger le réseau, qui supporte mal l’afflux de passager provoqué par le nouveau plan de transport (cf article Bienvenue à Bord).
Après 15 minutes, une foule s’est formée derrière nous, et on commence à comprendre que ça sera plus compliqué. Un haut-parleur déverse des consignes dont je ne saisis pas un mot, mais je ne suis pas le seul. Un gardien se dirige vers nous et nous recommande… de trouver un autre moyen de transport ! Comme l’heure tourne, on se décide à suivre le conseil. On traverse donc la foule en sens inverse. Jusque là, nous n’avions pas vraiment réalisé l’ampleur du problème : il y a déjà plusieurs centaines de personnes qui sont rassemblés, et les bus continuent d’en déverser à flot continu depuis la banlieue. Quant aux
bus qui vont vers le centre, ils passent… déjà bondés ! Ca commence à furieusement ressembler à une bonne galère !
Après quelques minutes de flottement, on décide de prendre un taxi. Mais le problème se répète : ils passent déjà plein ! Donc, nous marchons en sens opposé, mais évidemment, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette brillante idée. On essaie aussi le stop, mais sans plus de réussite : c’est d’ailleurs particulièrement rageant de voir les voitures passer avec leur seul chauffeur à bord… Finalement, la patience paie, on arrive à arrêter un taxi, 2 autres personnes se précipitent aussi, on se met donc d’accord sur un lieu central où il pourra tous nous déposer. Une demi-heure plus tard, nous arrivons à bon port, et pas trop en retard. Mais quand même, quelle galère !
On voit les agents, reconnaissables à leurs anoraks jaunes, se diriger rapidement vers les entrées, et, au moment même où nous allions la franchir, ils referment la grille juste devant nous. « 10 minutes de fermeture » est l’unique information qui nous est donnée. On reste calmes, la télé a souvent montré ces interruptions temporaires pour désengorger le réseau, qui supporte mal l’afflux de passager provoqué par le nouveau plan de transport (cf article Bienvenue à Bord).
Après quelques minutes de flottement, on décide de prendre un taxi. Mais le problème se répète : ils passent déjà plein ! Donc, nous marchons en sens opposé, mais évidemment, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette brillante idée. On essaie aussi le stop, mais sans plus de réussite : c’est d’ailleurs particulièrement rageant de voir les voitures passer avec leur seul chauffeur à bord… Finalement, la patience paie, on arrive à arrêter un taxi, 2 autres personnes se précipitent aussi, on se met donc d’accord sur un lieu central où il pourra tous nous déposer. Une demi-heure plus tard, nous arrivons à bon port, et pas trop en retard. Mais quand même, quelle galère !
mercredi 9 mai 2007
Qui veut du bon fromage ?
Cher(e)s ami(e)s,
L’image de la France est ternie.
Paris fait la une des journaux pour mon plus grand désespoir.
Je me sens en deuil, j’ai honte.
Complainte anti-Sarko ? Crise gauchiste ? Vous n’y êtes pas, et je doute que l’histoire à laquelle je fais référence soit arrivée jusqu’à vous. Laissez-moi donc vous la conter.
Au cours de l’année 2006, une entreprise peu scrupuleuse, Fermex, a démarché les éleveurs dans les campagnes chiliennes, faisant la promotion d’un produit novateur : une poudre à mélanger avec du lait, en vue de la production d’un « fromage magique ». L’arnaqueuse en chef, Gilberte van Erpe, notre compatriote, a ainsi persuadé plus de 5000 personnes que le « fromage magique » qu’ils allaient produire était à la dernière mode à Paris.! Les Parisiennes, toujours à la pointe de l’innovation, étaient ainsi censées l’utiliser comme produit cosmétique à appliquer sur le visage, pour profiter de ses vertus anti-vieillissement !
La poudre était vendue 500 dollars le sachet. Des analyses chimiques ont établi que, loin d’être le fermentateur espéré, il s’agissait en fait d’un complément alimentaire vendu 4 dollars le paquet en Afrique. Les « fromages » produits devaient être exportés vers la France, mais ils sont venus s’entasser dans un hangar commercial… On imagine l’odeur ! Deux Chiliens ont été arrêtés l’été dernier, mais Gilberte, dite Madame Gil, était toujours en fuite… jusqu’à hier ! Elle aurait été localisée à Paris, et la justice chilienne cherche à obtenir son extradition.
Paris fait la une des journaux pour mon plus grand désespoir.
Je me sens en deuil, j’ai honte.
Complainte anti-Sarko ? Crise gauchiste ? Vous n’y êtes pas, et je doute que l’histoire à laquelle je fais référence soit arrivée jusqu’à vous. Laissez-moi donc vous la conter.
Au cours de l’année 2006, une entreprise peu scrupuleuse, Fermex, a démarché les éleveurs dans les campagnes chiliennes, faisant la promotion d’un produit novateur : une poudre à mélanger avec du lait, en vue de la production d’un « fromage magique ». L’arnaqueuse en chef, Gilberte van Erpe, notre compatriote, a ainsi persuadé plus de 5000 personnes que le « fromage magique » qu’ils allaient produire était à la dernière mode à Paris.! Les Parisiennes, toujours à la pointe de l’innovation, étaient ainsi censées l’utiliser comme produit cosmétique à appliquer sur le visage, pour profiter de ses vertus anti-vieillissement !
La poudre était vendue 500 dollars le sachet. Des analyses chimiques ont établi que, loin d’être le fermentateur espéré, il s’agissait en fait d’un complément alimentaire vendu 4 dollars le paquet en Afrique. Les « fromages » produits devaient être exportés vers la France, mais ils sont venus s’entasser dans un hangar commercial… On imagine l’odeur ! Deux Chiliens ont été arrêtés l’été dernier, mais Gilberte, dite Madame Gil, était toujours en fuite… jusqu’à hier ! Elle aurait été localisée à Paris, et la justice chilienne cherche à obtenir son extradition.
Et le plus fort : il y a deux ans, plus de 20 000 Péruviens sont tombés dans le panneau !
mardi 1 mai 2007
Un p'tit tour à Valpo
En bons bobos de Santiago, nous passons régulièrement le week-end à Viña del Mar, à une centaine de kilomètres à l’ouest, une station balnéaire où habite la famille de Yoly. Viña, son casino, ses hôtels, est un lieu de villégiature traditionnel pour les Santiaguinos en ayant les moyens. De l’autre côté de la baie se trouve Valparaíso, la Perle du Pacifique.
Déjà évoquée lors du passage des amis cyclistes dans la ville, je ne résiste pas à vous en montrer encore quelques images. C’est que… ça vaut le coup ! Cette ville est d’un charme fou. Très prospère au XIX° siècle, elle était alors le port le plus important d’Amérique Latine. La mise en service du canal de Panama, qui permit aux bateaux de rejoindre directement le Pacifique sans passer par le Cap Horn, marque le début d’un déclin qui semble s’interrompre aujourd’hui. Le lieu reste cependant marqué par cette histoire et les difficultés économiques : pour beaucoup de Chiliens, elle est synonyme de vétusté, saleté, pauvreté…
Déjà évoquée lors du passage des amis cyclistes dans la ville, je ne résiste pas à vous en montrer encore quelques images. C’est que… ça vaut le coup ! Cette ville est d’un charme fou. Très prospère au XIX° siècle, elle était alors le port le plus important d’Amérique Latine. La mise en service du canal de Panama, qui permit aux bateaux de rejoindre directement le Pacifique sans passer par le Cap Horn, marque le début d’un déclin qui semble s’interrompre aujourd’hui. Le lieu reste cependant marqué par cette histoire et les difficultés économiques : pour beaucoup de Chiliens, elle est synonyme de vétusté, saleté, pauvreté…
En fait, Valpo est vraiment pleine de contradictions, ce qui la rend si compliquée à… décrire ! Je me lance donc dans une tâche difficile, où les photos seront d’une aide précieuse. Fondamentalement, il faut s’imaginer une baie où les collines viennent se jeter dans la mer. Sur les flancs de ces collines s’agrippent plus ou moins solidement des maisons de toutes les couleurs, aux architectures parfois improbables, qui régalent l’œil du voyageur. Chaque colline est un quartier, a son histoire, ses spécificités. Comme on ne pourra pas en faire un tour complet, je vous emmène pour une petite balade sur le Cerro Alegre, le plus renommé.
Classé Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco depuis 2003, il est le mieux conservé. Pendant l’âge d’or, les marchands les plus riches du port s’y sont fait construire de grandes maisons, qui sont aujourd’hui rénovées petit à petit, maintenant que la zone est devenue à la mode et un point de passage obligé pour les touristes. Ca vaut vraiment la peine de se perdre dans ses petites rues, je m’y suis régalé il y a trois ans, et ne m’en lasse pas. Petits passages tarabiscotés, escaliers comme trottoirs, ascenseurs comme transport en commun, les maisons jaunes, bleues, roses, vertes, et partout le Pacifique en arrière plan… Un festival de couleurs. Le mieux, c’est que vous voyiez par vous-mêmes !
Ps : comme vous l’aurez remarqué, il y a comme une baisse de régime dans la production ces derniers temps… Je m’excuse pour ce petit manque d’inspiration, ce ne sont pourtant pas les sources qui manquent, mais plutôt une difficulté passagère à les partager. C’est parti pour remonter la pente !
Ps : comme vous l’aurez remarqué, il y a comme une baisse de régime dans la production ces derniers temps… Je m’excuse pour ce petit manque d’inspiration, ce ne sont pourtant pas les sources qui manquent, mais plutôt une difficulté passagère à les partager. C’est parti pour remonter la pente ! mardi 17 avril 2007
Choisis ton camp !
Difficile de résister plus longtemps à cette injonction. D’ici peu, je devrais choisir mon camp, non pas pour le vote à la présidentielle, en la matière j’ai réussi à évacuer les derniers doutes., mais sur un sujet bien plus crucial : de quelle équipe de foot vais-je être supporter au Chili ?
Au moins, le spectre du vote utile ne viendra pas interférer dans ce choix capital. Par contre, les pressions partisannes sont très nombreuses. Depuis l’annonce de notre déménagement, les amis chiliens à Paris ont commencé une intense campagne de lobbying pour leurs couleurs, qui se poursuit ici. Il faut dire qu’il y a l’embarras du choix, Santiago ne comptant pas moins de… six équipe en première division, et j’espère ne pas en avoir oublié. Entre les prétendants, mon cœur balance.
Il y a d’abord les grands classiques : Colo Colo, le club populaire, le plus prestigieux du pays, l’unique à avoir gagné la Copa Libertadores (la Ligue des Champions sud-américaine) ; Université Catholique (la Católica), club marqué plutôt à dr
oite, favori des élites ; Université du Chili (la U), l’inverse, club du peuple mais pas nécessairement populiste comme peut l’être le Colo. Ces distinctions restent de toutes façons assez théoriques pour qui se retrouve face à face avec une horde de supporters. La Cató étant éliminée d’office, les deux autres possibilités sont les plus tentantes.
Le Colo traverse une des meilleures phases de son histoire : en route vers un troisème titre consécutif à un rythme lyonnais, il s’est aussi qualifié en Libertadores, à coup de 3 ou 4-0 spectaculaires. Mais ce côté boulimique le fait trop ressembler au futur champion de France, que j’abhorre, pour que je me sente en confiance. De l’autre côté, la U a beaucoup de points communs avec le club de mon cœur : pour le positif les couleurs, un beau rouge et bleu ; pour le négatif, en vrac… un rachat par des investisseurs douteux, des stars en fin de carrière incapables de jouer ensemble, et en conséquence un parcours erratique en championnat qui les laisse plus proches de la D2 que des coupes continentales ! Presque comme à la maison quoi…
Au moins, le spectre du vote utile ne viendra pas interférer dans ce choix capital. Par contre, les pressions partisannes sont très nombreuses. Depuis l’annonce de notre déménagement, les amis chiliens à Paris ont commencé une intense campagne de lobbying pour leurs couleurs, qui se poursuit ici. Il faut dire qu’il y a l’embarras du choix, Santiago ne comptant pas moins de… six équipe en première division, et j’espère ne pas en avoir oublié. Entre les prétendants, mon cœur balance.
Il y a d’abord les grands classiques : Colo Colo, le club populaire, le plus prestigieux du pays, l’unique à avoir gagné la Copa Libertadores (la Ligue des Champions sud-américaine) ; Université Catholique (la Católica), club marqué plutôt à dr
oite, favori des élites ; Université du Chili (la U), l’inverse, club du peuple mais pas nécessairement populiste comme peut l’être le Colo. Ces distinctions restent de toutes façons assez théoriques pour qui se retrouve face à face avec une horde de supporters. La Cató étant éliminée d’office, les deux autres possibilités sont les plus tentantes.Le Colo traverse une des meilleures phases de son histoire : en route vers un troisème titre consécutif à un rythme lyonnais, il s’est aussi qualifié en Libertadores, à coup de 3 ou 4-0 spectaculaires. Mais ce côté boulimique le fait trop ressembler au futur champion de France, que j’abhorre, pour que je me sente en confiance. De l’autre côté, la U a beaucoup de points communs avec le club de mon cœur : pour le positif les couleurs, un beau rouge et bleu ; pour le négatif, en vrac… un rachat par des investisseurs douteux, des stars en fin de carrière incapables de jouer ensemble, et en conséquence un parcours erratique en championnat qui les laisse plus proches de la D2 que des coupes continentales ! Presque comme à la maison quoi…
Ce tableau peu enthousiasmant me touche, mais en même temps, déjà embarqué dans une galère à Paris, je n’ai pas trop envie de vivre deux fois le chemin de croix du fan trompé par ses idoles. Une autre possiblité serait de se tourner vers les clubs des « colonies ». Là aussi, il sont trois : Union Española, Palestinos et Audax Italiano. Ils sont l’héritage de la grande vague d’immigration du début du XX° siècle, et représentent les trois plus grandes communautés arrivées à l’époque, un sujet sur lequel il faudra revenir. Je ne me sens pas d’affinité pour Union Española ni Palestinos, mais l’Audax est plus excitant. Equipe très jeune, jeu offensif, ils ont créé
la surprise en championnat l’an passé, et sont près à accompagner le Colo pour la phase suivante de la Libertadores. Avec leur beau maillot vert et ces caractéristiques, ils sont assez tentants… mais je ne connais aucun de leurs supporters ! Et aller tout seul au stade, c’est plutôt ennuyeux.
Alors… la question reste ouverte ! Ca dépendra sûrement de la première invitation. A moins que je ne maintienne ma neutralité. Mais l’attitude suisse devant un bon match laisse de côté le meilleur des émotions. En attendant, j’encourage… la Roja, l’équipe nationale, qui joue samedi en Argentine. Face aux ennemis jurés, ça promet…
la surprise en championnat l’an passé, et sont près à accompagner le Colo pour la phase suivante de la Libertadores. Avec leur beau maillot vert et ces caractéristiques, ils sont assez tentants… mais je ne connais aucun de leurs supporters ! Et aller tout seul au stade, c’est plutôt ennuyeux.Alors… la question reste ouverte ! Ca dépendra sûrement de la première invitation. A moins que je ne maintienne ma neutralité. Mais l’attitude suisse devant un bon match laisse de côté le meilleur des émotions. En attendant, j’encourage… la Roja, l’équipe nationale, qui joue samedi en Argentine. Face aux ennemis jurés, ça promet…
mardi 10 avril 2007
Vos papiers !
La semaine dernière, j’ai eu le plaisir d’aller retirer ma nouvelle carte d’identité. Quelle étrange sensation, ce document entre les mains ! Il est en tous points identique à celui des citoyens chiliens, et il faut l’observer attentivement pour se rendre compte que son titulaire est un étranger. De fait, je me souviens de l’embarras dans lequel s’était trouvé, il y a quelques années, lors de mon premier séjour, le garde à l’entrée du parc national Torres del Payne. On y applique en effet un tarif distinct pour les nationaux et pour les étrangers. Devant cette étrange carte, le gardien resta quelques instants perplexes, avant de me faire payer…le tarif national !
Obtenir quelques réductions n’est pas l’unique utilité de cette carte, loin de là. En fait, sans elle, on se trouve plutôt limité dans la vie quotidienne. Quel est le point commun entre louer un DVD, s’inscrire à la bibliothèque ou participer à un concours au centre commercial ? On vous demandera immanquablement votre RUT. Le RUT, c’est le numéro d’identification qui figure sur la carte, qu’il est inconcevable… de ne pas connaître par cœur ! Je me suis déjà atiré les sarcasmes de l’employé du vidéoclub. Il m’a regardé d’un air bien moqueur, lorsque j’ai dû sortir ma toute fraîche nouvelle pièce d’identité pour pouvoir lui égréner les chiffres un à un. Mais, le surlendemain, j’ai pris ma revanche. Alors qu’il s’apprêtait à détourner son attention pour classer des papiers qui trainaient, je lui ai débité d’un trait le nombre magique : 21-432.746-1 ! Les petites victoires de la vie quotidienne…
Cette omniprésence du RUT laisse quand même parfois au fond de la bouche une saveur un peu rance, un petit goût de Big Brother qu’on préférerait avoir abandonné dans une autre époque. Héritage de la dictature parfaitement adapté au monde hypermoderne du contrôle perpétuel, ce numéro de matricule perd vite son côté pittoresque pour devenir plutôt sinistre. Son ambivalence s’efface ainsi au moment où culmine le processus pour l’obtenir : lorsqu’il faut laisser l’empreinte de ses dix doigts à la police. Les phalanges toutes collantes, je pouvais méditer sur l’aspect anecdotique ou non de la formalité.dimanche 1 avril 2007
La guerre des séries
Alors que certains se battent dans la rue (voir chronique précédente), une autre guerre, encore plus terrible, fait rage sur les canaux de télévision : plus épique que Star Wars, plus mythique que la guerre de Troie, plus anglante que 300, la guerre des séries a lieu tous les soirs, à 20h.
Début mars, pour la rentrée, les chaînes ont lancé leurs nouveaux produits, espérant capter les faveurs du public. Les concurrents : sur Canal 13, Papi Ricky ; sur TVN, Corazón de Maria. Les deux sont construits sur une trame assez classique, qui laisse la part belle aux grands sentiments et aux retournements de situation les plus… improbables. Dans la première, Ricky, père célibataire (et hyper beau-gosse), revient au Chili après 5 années passées en France, avec sa petite fille Alicia. Qu’est-il donc arrivé à la mère de celle-ci ? C’est tout le mystère que plus d’une centaine d’épisodes viendront éclaircir.
La trame de Corazón est plus audacieuse. Dans le premie
r épisode, on assiste au mariage de Maria et son compagnon, avant que la jeune femme, en route vers la lune de miel… ne meurt dans un accident de voiture ! Pas en vain, puisque son cœur permet la survie d’une autre demoiselle. Un an après, cette dernière est prête à se marier avec son soupirant de toujours lorsque qu’elle croise, au marché, le pauvre veuf : coup de foudre, surprise et incompréhension, le projet remis en cause ! J’ai déjà perdu le fil de celle-là, mais les péripéties promettent de durer...
En effet, autour de cette base gravitent une galaxie de personnages, un peu toujours les mêmes d’une saison à l’autre, d’autant que les acteurs varient peu. Ils sont les protagonistes de drames romantiques, où les belles-mères sont souvent démoniaques, mais aussi de séquences comiques, avec amants cachés dans les placards et jeux sur les oppositions sociales. Que du classique !
Et je dois bien reconnaître que ce mélange se laisse voir d’un œil distrait, après une journée de boulôt. En toute sincérité, je ne vais pas vous faire le coup de « c’est par pur intérêt sociologique que je regarde ». Pour dire toute la vérité, lors de mon premier séjour, j’étais devenu complètement accro à Machos, une série de Canal 13 qui avait battu tous les records d’audience, au point d’entraîner l’annulation de son concurrent. Les turpitudes de ces 7 frères et de leur père m’avaient tenu en haleine jusqu’au dernier épisode : le frère aîné allait-il se marier avec l’ex-amante de son père ? Le cadet, beau-gosse mais impuissant, pourrait-il conserver sa charmante copine, malgré les sarcasmes d’un frangin décidé à lui piquer sa conquête ?
Cette fois, je reste plus distant, on y jette un œil avec Yoly, mais sans déborder d’enthousiasme. Bref, pour nous tenir informé, et ne pas rester à l’écart d’un sujet de conversation universel !
Début mars, pour la rentrée, les chaînes ont lancé leurs nouveaux produits, espérant capter les faveurs du public. Les concurrents : sur Canal 13, Papi Ricky ; sur TVN, Corazón de Maria. Les deux sont construits sur une trame assez classique, qui laisse la part belle aux grands sentiments et aux retournements de situation les plus… improbables. Dans la première, Ricky, père célibataire (et hyper beau-gosse), revient au Chili après 5 années passées en France, avec sa petite fille Alicia. Qu’est-il donc arrivé à la mère de celle-ci ? C’est tout le mystère que plus d’une centaine d’épisodes viendront éclaircir.La trame de Corazón est plus audacieuse. Dans le premie
r épisode, on assiste au mariage de Maria et son compagnon, avant que la jeune femme, en route vers la lune de miel… ne meurt dans un accident de voiture ! Pas en vain, puisque son cœur permet la survie d’une autre demoiselle. Un an après, cette dernière est prête à se marier avec son soupirant de toujours lorsque qu’elle croise, au marché, le pauvre veuf : coup de foudre, surprise et incompréhension, le projet remis en cause ! J’ai déjà perdu le fil de celle-là, mais les péripéties promettent de durer...En effet, autour de cette base gravitent une galaxie de personnages, un peu toujours les mêmes d’une saison à l’autre, d’autant que les acteurs varient peu. Ils sont les protagonistes de drames romantiques, où les belles-mères sont souvent démoniaques, mais aussi de séquences comiques, avec amants cachés dans les placards et jeux sur les oppositions sociales. Que du classique !
Et je dois bien reconnaître que ce mélange se laisse voir d’un œil distrait, après une journée de boulôt. En toute sincérité, je ne vais pas vous faire le coup de « c’est par pur intérêt sociologique que je regarde ». Pour dire toute la vérité, lors de mon premier séjour, j’étais devenu complètement accro à Machos, une série de Canal 13 qui avait battu tous les records d’audience, au point d’entraîner l’annulation de son concurrent. Les turpitudes de ces 7 frères et de leur père m’avaient tenu en haleine jusqu’au dernier épisode : le frère aîné allait-il se marier avec l’ex-amante de son père ? Le cadet, beau-gosse mais impuissant, pourrait-il conserver sa charmante copine, malgré les sarcasmes d’un frangin décidé à lui piquer sa conquête ?
Cette fois, je reste plus distant, on y jette un œil avec Yoly, mais sans déborder d’enthousiasme. Bref, pour nous tenir informé, et ne pas rester à l’écart d’un sujet de conversation universel ! Crise et distorsion
Comme vous en avez peut-être entendu parlé, la semaine a été plutôt agitée sur le plan politique au Chili. Les difficultés qui accompagnent la mise en œuvre du Transantiago ont entraîné un
remaniement ministériel mardi. Le ministre des transports n’a pu résister à la pression qui montait après des semaines de problèmes : bus bondés, retards à répétition, stations de métro qui doivent fermer car la foule amassée fait courir de graves dangers aux passagers présents sur les quais… Les informations télévisées déversent quotidiennement ce flot d’images, et semblent alimenter la montée de la grogne, sans pour autant qu’il y ait réellement de manifestations organisées. Il est en fait assez difficile de faire la part entre une exaspération légitime et le jeu de médias, marqués à droite, qui en rajoutent à plaisir.
La situation était donc déjà assez tendue. A cela est venue s’ajouter la commémoration du « jour du jeune combattant », un événement hérité de la dictature. Le 29 mars 1987, deux frères, les Vergara, sont assassinés par la police d’une balle dans la nuque. Depuis, ce jour est l’occasion de manifestations en leur honneur, qui se transforment généralement en des affrontements avec la police.
Vingt ans après, la tradition se perpétue. Elle a certes perdu beaucoup de son sens politique, mais, dans la pratique, elle reste une date « à haut risque » pour la police. Cette année, les manifestations ont pourtant surpris par leur ampleur, et surtout par la jeunesse des participants. Ce sont surtout des lycéens qui ont pris part aux affrontements dans le centre, s’attaquant notamment… aux bus du Transantiago !
Les images de guerilla urbaines sont assez impressionantes, mais ne doivent pas mener à la paranoïa : on est loin de l’anarchie, contrairement à ce que j’ai pu lire… dans Libération ! Cela me rappelle les émeutes de 2005 en France, lrosque Fox News montrait des images de Paris en flammes derrière la Tour Eiffel. Une grosse distorsion télévisuelle. Reste à voir quelles seront les conséquences de ces événements, au moment où le gouvernement cherche une sortie honorable pour son plan de transport.
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