samedi 24 février 2007

L'arrivée des héros


The following takes place between 9 am and 4 pm.(15 février)


Petit déjeuner familial. Le tableau : mes parents, Yoly et moi, déjà excités à l’idée que les trois gaillards ne vont plus tarder. Faut dire qu’entre ma famille et belle-famille, les cyclistes amateurs et têtus qui ne voulaient pas croire qu’en Patagonie ça soufflait fort, sont depuis quelques jours un sujet de plaisanterie récurent. Tellement que les Leon (la famille de Yoly) sont attendus vers midi pour préparer un asado (barbecue) surprise de bienvenue, et fêter l’anniv’ de Pierrot par la même. On a le temps, de toutes façons, on se doute bien que leur bus aura au moins deux heures de retard. Un coup de fil suffit pourtant à déclencher la tornade.

Dring dring : Yoly décroche et… c’est JB ! Trop chelou de l’entendre au téléphone ! Improbable mais vrai, deux heures d’avance, j’aurais dû m’en douter, il fallait donc s’attendre à tout pour ces quelques jours. On organise rapidement le convoi de secours, et quinze minutes après, on fait des tours dans le pick-up de Yoly autour de la station de bus. Un mec bizarre s’approche de la voiture en agitant les bras… et c’est JB ! Embrassades, étonnement, et en même temps c’est presque naturel de se retrouver ici. Mais mine de rien, ça me fait quand même bien plaisir qu’un membre du biniou crew visite enfin la ville de mes rêves.

On se gare, avant d’aller retrouver les deux autres campeurs égarés dans la ville. Une sacrée scène, sur le petit coin de pelouse en face du stationnement des bus, leur barda éparpillé, des carcasses de vélo désossés de leurs roues avant, des sacoches en veux-tu en voilà, quelques traces d’un petit déjeûner copieux (je serai amené à découvrir que leur appétit est sans limite ! de vrais goinfres !)… On entasse tout ça dans le coffre, direction la maison, où l’on parvient tant bien que mal à accommoder le matos.

Vers midi, deuxième vague du débarquement : les parents de Yoly (Jorge et Yolanda), ses deux frères, Jorge et Gonzalo, et sa sœur Paulina arrivent avec deux barbecues en kit, quelques kilos de viande, de quoi préparer des sauces dont Paulina détient le secret, et surtout des fruits de mer en pagaille… Le Bon (Pierrot), la Brute (JB) et le Truand (Lolo) sont plutôt estomaqués, mais donnent quand même un bon coup de main pour la préparation, jusqu’à ce que les premiers sandwiches arrivent en main. Pierrot insiste pour connaître la recette du pebre (exquise sauce piquante faite maison), JB suscite quelques moqueries par son accent inimitable, Lolo parle fractale avec le père de Yoly et les trois (on va dire les quatre parce que je dois m’inclure) dévorent le ceviche, une salade de fruits de mer marinée dans le citron et les herbes, pour donner une idée, mon plat préféré. Suivent des saucisses, des steaks, du poisson, agrémentés de salade et d’avocats, et un miracle : ils sont rassasiés ! Je ne le sais pas encore, mais ça sera la seule fois en 5 jours !

Heureusement, il reste un peu de souffle à Pierrot pour ses bougies, et après le gateau, on part faire un tour dans les rues de Valparaiso, avec nos héros, mes parents, Yoly et Paulina. On prend d’abord l’ascenseur, qui sert ici de transport public. Difficile de décrire la balade, parce que beaucoup d’écrivains plus ou moins talentueux s’y sont déjà essayés, notamment le grand Pablo Neruda. On passe d’ailleurs devant sa maison. De collines en collines, avec vue sur la mer, c’est bien agréable, d’autant que JB nous gratifie de ses traditionnelles comparaisons avec Antony, du style « alors ici, c’est un peu comme la rue Mounié quoi », et nous offre une première cascade : marchant à reculons, la caméra à la main, il se renverse sur la voiture stationnée là. Prêt à tout pour passer à vidéogag, le jibouille.

Trois heures de promenade et nous rentrons à la maison. On laisse donc les trois frères (Lolo Légitimus, JB Bourdon, Pierrot Campan) se reposer du sommeil du guerrier. Les jours suivants vont être rudes…

Aucun commentaire: