mercredi 14 mars 2007

Bienvenue à bord...


Si mes concitoyens Santiaguinos ne semblent pas souffrir terriblement de la marzitis, un autre sujet a été pour eux, depuis environ un mois, à l’origine de graves mots de tête : le Transantiago. Depuis sa mise en place le 10 février, il fait continuellement la une dans les média. La télévision notamment ne se lasse pas d’en exposer les effets négatifs. Mais pour commencer, c’est quoi Transantiago ?

Transantiago, c’est le nouveau système de transport public de la capitale. Un sujet qui touche évidemment à peu près tout le monde. Petit flash-back pour les non-initiés : jusqu’à il y a quelques semaines, Santiago était envahie de bus jaunes très bruyants, très polluants, et surtout qui se faisaient la course entre eux le long des boulevards. En effet, depuis la libéralisation du transport public (merci Pinocchio), ce service était rendu par des entrepreneurs privés, généralement indépendants, et dont la rémunération variait donc selon le nombre de passagers qu’ils embarquaient dans la journée. Et vas-y que je te dépasse, queue de poisson, freinage brutal, arrêt sauvage, démarrage plein gaz, le tout sur un air de klaxon plutôt entêtant !

J’ai expérimenté ce système en 2002, et je peux donc vous dire qu’on se lasse assez rapidement du côté pittoresque de perpétuellement monter dans les bus en marche, ou de se faire noyer dans les gaz d’échappement. Sans compter que l’on pouvait compter sur les chauffeurs : lorsqu’on leur demandait si le bus passait par tel endroit, la réponse était immanquablement… oui ! J’en ai fait les frais 2 ou 3 fois, me retrouvant à l’autre bout de la ville plus ou moins perdu, avant de comprendre qu’il fallait mieux s’informer auprès des autres passagers, heureusement fort serviables en général. Bref, c’était le far-west, et ça ne collait pas trop avec l’ambition du Chili de poursuivre sa modernisation accélérée.

Annoncés à grands renforts de trompette, les grands débuts du Transantiago ont pourtant fait un flop. Les belles machines, désormais peintes en vert, roulent bien, les nouveaux arrêts, au design assez audacieux, ont sensiblement amélioré le paysage urbain mais… il y a pas mal de désagréments aussi ! On a ainsi vu, au début, de longues queues se former autour des stations. La télé, toujours prompte à dénigrer, s’est délectée de ces images, comme de celles des stations de métro qui ont dû, écrasées par l’affluence, fermer leurs portes temporairement. Un soir, on s’est retrouvés avec Yoly coincés dans un de ces « embouteillages humains » : des sensations désagréables, mais pas très différentes d’un passage sur la ligne 13 en heure de pointe…

Le problème, c’est que tout le monde semble avoir oublié que la mise en place d’un système de transport totalement renouvelé, ça prend du temps et requiert quelques tâtonnements. Et d’un coup, tout est de la faute du Transantiago : un supermarché a même été pillé au nom du grand Satan ! Alors qu’on leur avait promis d’arriver plus vite chez eux, les usagers se retrouvent à faire la queue, parfois sur 100 mètres ! Chaque jour, des articles relaient les plaintes des personnes qui avaient l’habitude de se faire déposer devant chez elles par le bus… une pratique devenue impossible avec l’obligation de respecter les arrêts. Les concepteurs avaient pourtant engagé Ivan Zamorano, ex-star du Real toujours adulé ici, pour expliquer ces changements. Peine perdue, Zamorano, Bam Bam comme on le surnomme ici, s’est fait insulter dans la rue : « rend l’argent ! » qu’ils lui criaient entre divers noms d’oiseaux…

En fait, nous on trouve ça plutôt agréable ces changements. Santiago y a vraiment gagné en qualité de vie, ici, au centre. Les soucis sont plutôt pour les habitants de la périphérie, où le nombre de véhicules a diminué. Un problème que la Présidente Michelle Bachelet, qui a dû réagir elle-même devant l’ampleur de la contestation, a promis de résoudre rapidement. On parle parfois de revenir à l’ancien système… pitié non, laissez reposer en paix l’âme des bus jaunes tout déglingués !

4 commentaires:

jObivier a dit…

Et ils ne pensent pas faire des voies pour ces jolis bus ? Parce que s'ils veulent être à la pointe de la modernité (ce qui signifie, comme chacun sait, imiter Paris), va falloir qu'ils s'y mettent !

Anonyme a dit…

ahhh bah commme quoi, les transports en commun d'un hémisphère à l'autre c'est toujours un peu les mêmes expériences, la prochaine fois sue je prends la 13, je me sentirai un peu à Santiago alors !

Anonyme a dit…

Ces couloirs existent déjà... Ils font bien râler les automobilistes d'ailleurs !

Anonyme a dit…

J'habite Santiago, et je suis entierement d'accord avec toi !