
Les pauvres ! Ils font peine à voir ! Depuis quelques jours, ils ont envahi les rues du centre de la capitale. D’une démarche fatiguée, ils errent, par bandes de 2 ou 3. Les pieds nus, les habits déchirés, couverts de peinture, dégageant une odeur fétide car aspergés d’œufs ou de vinaigre, ils réclament quelques pièces de monnaie…
Et pourtant, tout cela n’est qu’une farce. Ou, pour être plus précis, un bizutage. Car en fait, ces jeunes sans aucune tenue sont des étudiants de première année, à qui leurs aînés font subir un traîtement de choc, que eux-mêmes ont certainement dû supporter. Cercle vicieux dont les origines sont en général oubliées !
Face à leur triste sort, ils ont différentes attitudes. Il y a ceux qui prennent ça plutôt avec le sourire, comme ces quatre copines qui ont l’air de bien rigoler. Peut-être riront-elles moins le soir venu, lorsque, devant l’impossiblité de nettoyer leurs cheveux de la couche d’œufs et de farine dont on les a recouvert, elles devront les couper.Il y a aussi les fatalistes, « juste une mauvaise journée à passer, il faut bien le faire une fois pour être intégrés ». Les enthousiastes, que je soupçconne d’en rajouter un peu, qui se félicitent de
Alors pour tous, un bon geste, une petite pièce, d’autant que je leur devais bien ça pour les photos.. Le plus dur, c’est qu’au fil des jours, ils éveillent de moins en moins d’intérêts chez les passants. Les derniers doivent même supporter les remarques désobligeantes des passants scandalisés par la prolongation des festivités. Ah, les pauvres bizuths…
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