vendredi 9 mars 2007

Marzitis !


Qu’est-ce qui se cache derrière ce nom bizarre ? Une nouvelle planète du système solaire ? Une maladie grave ?

En fait, ce néologisme pourrait se traduire par « la fièvre de mars ». Et elle donne de sacrés tourments aux Chiliens ! Une véritable épidémie nationale ! Ni poussée de boutons, ni montée de température, elle ne se manifeste pas par des symptômes classiques. Non, il s’agirait plutôt d’une inquiétude diffuse, de légers pics d’angoisse, qui émergent vers la fin février, lors des dernières heures sur la plage. Mars, c’est en effet le mois que tous ici redoutent : la fin de l’été, la rentrée des classes, et le retour au travail suffisent à justifier cette baisse de moral généralisée.

Mais la cause principale du mal est surtout une série de dépenses inévitables : pour les parents, non seulement toutes les fournitures scolaires, et notamment l’uniforme, obligatoire du CP à la Terminale, mais aussi les droits d’inscription, très chers dans le privé ; pour les contribuables, c’est d’abord la patente, la vignette locale, puis, à la fin du mois, l’impôt sur le revenu ! Si vous avez la chance d’avoir à la fois une grosse voiture et une famille nombreuse, l’addition peut être salée !

Pourtant, les personnes n’ont pas l’air tellement stressées. J’en viens finalement à me demander si toute cette histoire de marzitis ne serait pas plutôt un coup marketing. A voir les campagnes de publicité des banques et autres institutions de crédit autour du thème « nous pouvons t’aider à surmonter mars », on peut au moins être certain qu’elles surfent allègrement sur cette supposée vague d’inquiétude.

Ainsi, le lundi 5 mars, jour de rentrée pour la grande majorité, la Hora, un des gratuits distribués à Santiago, offrait ce titre surprenant : « la marzitis est aussi arrivée à la Moneda (le palais présidentiel) ». Je me dis : « la presse a beau être marquée à droite ici, ils y vont fort là ! ». Puis je vois les sous-titres : « Etude de l’ONU : personne n’échappe à la marzitis », « la marzitis plus forte que la grippe », « le Chili en quarantaine : la marzitis est déclarée épidémie nationale ». Sur la droite de la page, une pub qui dissipe le doute : « Banque Paris a le remède contre la marzitis : ne risque pas la contagion, demande ton crédit tout de suite ! ». A la page suivante se trouve la vraie une du journal. Qu’est-ce qu’on ferait pas pour pousser les gens à s’endetter…

1 commentaire:

Clément a dit…

Ce qui me rassure dans tout ça c'est que l'été arrive chez nous. Quoiqu'il est déjà là ;op