samedi 19 mai 2007

La galère

Lundi matin, départ de Viña à l’aube. Le but est d’être de retour à Santiago pour que Yoly puisse assister à une réunion avant 9h. On prend donc le bus de 6 heures, arrivant ainsi à Santiago, station de métro Pajaritos à 8h. Juste le temps de glisser les pulls que nous avions utilisés en guise de couverture dans la valisette, et nous nous dirigeons vers l’entrée de la station. Il règne une certaine agitation, qui n’affecte pas notre démarche encore un peu empesée par le sommeil.

On voit les agents, reconnaissables à leurs anoraks jaunes, se diriger rapidement vers les entrées, et, au moment même où nous allions la franchir, ils referment la grille juste devant nous. « 10 minutes de fermeture » est l’unique information qui nous est donnée. On reste calmes, la télé a souvent montré ces interruptions temporaires pour désengorger le réseau, qui supporte mal l’afflux de passager provoqué par le nouveau plan de transport (cf article Bienvenue à Bord).
Après 15 minutes, une foule s’est formée derrière nous, et on commence à comprendre que ça sera plus compliqué. Un haut-parleur déverse des consignes dont je ne saisis pas un mot, mais je ne suis pas le seul. Un gardien se dirige vers nous et nous recommande… de trouver un autre moyen de transport ! Comme l’heure tourne, on se décide à suivre le conseil. On traverse donc la foule en sens inverse. Jusque là, nous n’avions pas vraiment réalisé l’ampleur du problème : il y a déjà plusieurs centaines de personnes qui sont rassemblés, et les bus continuent d’en déverser à flot continu depuis la banlieue. Quant aux bus qui vont vers le centre, ils passent… déjà bondés ! Ca commence à furieusement ressembler à une bonne galère !

Après quelques minutes de flottement, on décide de prendre un taxi. Mais le problème se répète : ils passent déjà plein ! Donc, nous marchons en sens opposé, mais évidemment, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette brillante idée. On essaie aussi le stop, mais sans plus de réussite : c’est d’ailleurs particulièrement rageant de voir les voitures passer avec leur seul chauffeur à bord… Finalement, la patience paie, on arrive à arrêter un taxi, 2 autres personnes se précipitent aussi, on se met donc d’accord sur un lieu central où il pourra tous nous déposer. Une demi-heure plus tard, nous arrivons à bon port, et pas trop en retard. Mais quand même, quelle galère !

mercredi 9 mai 2007

Qui veut du bon fromage ?

Cher(e)s ami(e)s,
L’image de la France est ternie.
Paris fait la une des journaux pour mon plus grand désespoir.
Je me sens en deuil, j’ai honte.

Complainte anti-Sarko ? Crise gauchiste ? Vous n’y êtes pas, et je doute que l’histoire à laquelle je fais référence soit arrivée jusqu’à vous. Laissez-moi donc vous la conter.

Au cours de l’année 2006, une entreprise peu scrupuleuse, Fermex, a démarché les éleveurs dans les campagnes chiliennes, faisant la promotion d’un produit novateur : une poudre à mélanger avec du lait, en vue de la production d’un « fromage magique ». L’arnaqueuse en chef, Gilberte van Erpe, notre compatriote, a ainsi persuadé plus de 5000 personnes que le « fromage magique » qu’ils allaient produire était à la dernière mode à Paris.! Les Parisiennes, toujours à la pointe de l’innovation, étaient ainsi censées l’utiliser comme produit cosmétique à appliquer sur le visage, pour profiter de ses vertus anti-vieillissement !

La poudre était vendue 500 dollars le sachet. Des analyses chimiques ont établi que, loin d’être le fermentateur espéré, il s’agissait en fait d’un complément alimentaire vendu 4 dollars le paquet en Afrique. Les « fromages » produits devaient être exportés vers la France, mais ils sont venus s’entasser dans un hangar commercial… On imagine l’odeur ! Deux Chiliens ont été arrêtés l’été dernier, mais Gilberte, dite Madame Gil, était toujours en fuite… jusqu’à hier ! Elle aurait été localisée à Paris, et la justice chilienne cherche à obtenir son extradition.
Et le plus fort : il y a deux ans, plus de 20 000 Péruviens sont tombés dans le panneau !

mardi 1 mai 2007

Un p'tit tour à Valpo

En bons bobos de Santiago, nous passons régulièrement le week-end à Viña del Mar, à une centaine de kilomètres à l’ouest, une station balnéaire où habite la famille de Yoly. Viña, son casino, ses hôtels, est un lieu de villégiature traditionnel pour les Santiaguinos en ayant les moyens. De l’autre côté de la baie se trouve Valparaíso, la Perle du Pacifique.

Déjà évoquée lors du passage des amis cyclistes dans la ville, je ne résiste pas à vous en montrer encore quelques images. C’est que… ça vaut le coup ! Cette ville est d’un charme fou. Très prospère au XIX° siècle, elle était alors le port le plus important d’Amérique Latine. La mise en service du canal de Panama, qui permit aux bateaux de rejoindre directement le Pacifique sans passer par le Cap Horn, marque le début d’un déclin qui semble s’interrompre aujourd’hui. Le lieu reste cependant marqué par cette histoire et les difficultés économiques : pour beaucoup de Chiliens, elle est synonyme de vétusté, saleté, pauvreté…

















En fait, Valpo est vraiment pleine de contradictions, ce qui la rend si compliquée à… décrire ! Je me lance donc dans une tâche difficile, où les photos seront d’une aide précieuse. Fondamentalement, il faut s’imaginer une baie où les collines viennent se jeter dans la mer. Sur les flancs de ces collines s’agrippent plus ou moins solidement des maisons de toutes les couleurs, aux architectures parfois improbables, qui régalent l’œil du voyageur. Chaque colline est un quartier, a son histoire, ses spécificités. Comme on ne pourra pas en faire un tour complet, je vous emmène pour une petite balade sur le Cerro Alegre, le plus renommé.













Classé Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco depuis 2003, il est le mieux conservé. Pendant l’âge d’or, les marchands les plus riches du port s’y sont fait construire de grandes maisons, qui sont aujourd’hui rénovées petit à petit, maintenant que la zone est devenue à la mode et un point de passage obligé pour les touristes. Ca vaut vraiment la peine de se perdre dans ses petites rues, je m’y suis régalé il y a trois ans, et ne m’en lasse pas. Petits passages tarabiscotés, escaliers comme trottoirs, ascenseurs comme transport en commun, les maisons jaunes, bleues, roses, vertes, et partout le Pacifique en arrière plan… Un festival de couleurs. Le mieux, c’est que vous voyiez par vous-mêmes !

Ps : comme vous l’aurez remarqué, il y a comme une baisse de régime dans la production ces derniers temps… Je m’excuse pour ce petit manque d’inspiration, ce ne sont pourtant pas les sources qui manquent, mais plutôt une difficulté passagère à les partager. C’est parti pour remonter la pente !